Libre voyageur

Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Shoe shine, Monsieur

Istanbul, Turquie.

À l’entrée des mosquées, des mausolées ou des masjids (chapelles musulmanes), il est de bon ton d’ôter ses souliers, sous peine de subir le même sort que le général vénitien Bragadino commandant la forteresse cypriote de Famagouste quand l’amiral ottoman s’empara de lui après un an de résistance : on lui trancha le nez et les oreilles, façon Mister Blonde dans Reservoir Dogs, puis on l’écorcha vif, façon Tooth Fairy dans le Silence des agneaux.

Il faut voir les touristes occupés à délacer et relacer leurs chaussures tandis que les Turcs, plus avisés, ne portent en cette occasion que des mocassins, qu’ils chaussent et déchaussent à loisir.

Pour ma part, je n’étais pas trop mécontent d’avoir mis mes vieilles bottines Paul Smith, dont je puis me défaire en un tournemain. Un peu partout, au coin des rues, on trouve des cireurs de chaussures, munis souvent d’une simple boîte, mais parfois aussi d’un superbe atelier portatif en laiton poli et ouvragé. Certains me hèlent avec des « shoe shine, Monsieur », et moi de sourire en leur montrant mes bottines en daim.

Un instant ! Un peu plus haut, n’a-t-il pas cité une marque ? Ne faudrait-il pas prévenir le CSA, la CNIL, HADOPI, le contre-espionnage ?

Si fait, j’ai bien cité une marque : depuis Bret Easton Ellis, il est de convention dans la littérature contemporaine que les psychopathes citent des marques en toute occasion, je ne fais que m’inscrire dans une tradition, certes moderne, mais déjà bien établie.

Mais ce qui est véritablement inquiétant, c’est que je commente mes propres publications…

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