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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Petra – Sur la piste d’al-Khubtha – étape 12

Petra, Jordanie.

Jabal al-Khubtha.

Trois heures et demi d’errance dans la montagne.

Ma petite bouteille d’eau est vide. L’idée de tuer une chèvre pour boire son sang si la situation devenait critique m’effleure maintenant l’esprit.

J’ai essayé de regarder les photos que j’ai prises en chemin pour tenter de reconnaître les voies empruntées, mais je ne trouve pas assez d’ombre pour bien distinguer les images, et je redoute d’user la batterie.

Il va falloir que je prenne une décision :
– trouver un refuge contre le soleil afin d’éviter une déshydratation, j’ai la gorge sèche, ça devient compliqué ; la grotte nabatéenne du chevrier devrait faire l’affaire, je suis allé m’en assurer ;
– tenter d’appeler quelqu’un en France si j’ai du réseau pour qu’il joigne la police de Wadi Musa, le village à côté de Petra, et qu’ils envoient des secours ;
– me placer sur un éperon rocheux d’où je pourrais voir de l’autre côté du canyon la petite cabane qui marque la fin de la piste d’al-Khubtha ; après tout, j’y ai rencontré ce couple de Français, d’autres pourraient avoir la fantaisie d’emprunter le même chemin.

Je choisis cette dernière option. Et je scrute la lointaine vallée, lançant quelques « Help ! » sonores.

Puis, soudain, j’aperçois deux silhouettes gravissant la piste !

Je les hèle. Ils continuent à gravir la pente, atteignent la cabane.

S’amorce une conversation à deux cent mètres de distance. D’abord en anglais, puis en français, ayant perçu un doux accent dans les cris de mon interlocuteur.

Il y aura une demi-heure de flottement où ils tenteront de contacter la police jordanienne, en vain.

À la fin, l’un d’eux se lancera et tentera de me rejoindre. Il y parviendra en moins d’un quart d’heure, après un peu d’escalade et quelques efforts.

À quelques dizaines de mètres de moi était un comblement du canyon permettant le passage. Il était invisible de ma position en surplomb et presque invisible de l’autre côté à cause de la couleur de la roche, qui ne permettait pas de voir les reliefs.

Mes sauveteurs étaient grenoblois, faisant un trek dans les montagnes autour de Petra.

Ils me laissèrent une bouteille d’eau, je n’avais que des remerciements à offrir…

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