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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Trafalgar : l’histoire en deux mots (et des poussières)

Gibraltar, Territoire d’outre-mer contesté du Royaume-Uni.

Tombe du cimetière de Trafalgar où sont enterrés les marins anglais ayant succombé à leurs blessures après la fameuse bataille navale, les corps de ceux qui sont morts en mer ayant été livrés aux flots.

L’histoire en deux mots (et des poussières)…

En 1805, Napoléon se décide à en finir avec la perfide Albion et il rassemble à Boulogne une armée pour envahir l’Angleterre. Si, si, envahir l’Angleterre, en mode Guillaume le Conquérant (ou Hell’s Angels au Cap d’Agde, wink, wink), histoire de leur rappeler qu’on l’on dit « table » et non « tèbeule ».

Les forces navales françaises dont le commandement et les troupes ont été décimés par la Révolution ne sont pas vraiment à la hauteur face à la Royal Navy, la meilleure marine de l’époque. Chez les Français, les bons capitaines sont plus rares, les marins souffrent d’inexpérience, et ont un faible moral, là où les Anglais sont historiquement au sommet de leur art, de leurs forces, et commandés par l’un des plus brillants capitaines de tous les temps, l’amiral Horatio Nelson.

Napoléon a pour plan d’envoyer la flotte aux Antilles pour faire jonction avec les navires espagnols, attirer la plupart des vaisseaux anglais aux ordres de Nelson loin de la Manche, accessoirement mettre la pâtée aux troupes coloniales britanniques dans la région, et surtout revenir en quatrième vitesse rejoindre le reste de la flotte pour embarquer l’armée d’invasion à Boulogne, tandis que Nelson errerait dans les Caraïbes en quête de bateaux-fantômes.

La manœuvre réussit plus ou moins, mais la suite des opérations ne se passe pas comme prévu : la flotte hispano-francaise ne parvient pas à s’adjoindre celle de la Manche. Napoléon, sans nouvelles, décide de redéployer ses troupes stationnées à Boulogne, ce qui lui permettra de vaincre les Coalisés à Austerlitz.

Horatio Nelson, en vieux loup de mer, sentant l’entourloupe et le vent mauvais, retourne à Gibraltar. Et l’amiral Villeneuve, commandant la flotte, de peur que Napoléon ne lui passe un savon pour son inactivité, reprend l’initiative et file vers la Méditerranée.

Finalement les deux ennemis se croisent un peu par hasard au large du cap de Trafalgar, au nord-ouest du détroit de Gibraltar.

On connaît la suite, ce fut une écrasante victoire de l’amiral Nelson qui y perdit la vie sur le pont de son vaisseau, le HMS Victory (que l’on peut voir intact à Portsmouth avec une jolie plaque là où Horatio s’est mangé un boulet). La flotte française fut hors de combat pour longtemps, et Napoléon abandonna son ambition de corriger la mauvaise prononciation des Anglais.

Bon, ce n’est pas une grosse perte, qu’aurait-on fait de l’Angleterre si l’invasion eût été un succès ? Il y pleut toujours, et c’est plein d’Anglais.

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