Libre voyageur

Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

La colline du printemps

Tel Aviv, Israël.

Au loin, la vieille ville de Jaffa.

Fondation de Tel Aviv

Tel Aviv est une ville nouvelle qui a incorporé la ville arabe de Jaffa « désertée » de ses habitants.

Je connais à ce propos une Beyrouthine d’origine palestinienne dont l’ordinateur porte comme fond d’écran une photo de la maison de ses grands-parents à Jaffa…

Tel Aviv était à l’origine composée de petites colonies juives fondées dans les dernières années du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Ces implantations se développèrent rapidement, et, peu après la guerre d’indépendance d’Israël, en 1949, le port antique de Jaffa, largement vidé de sa population arabe, finit par être absorbé dans le grand Tel Aviv.

Le nom même de Tel Aviv est une curiosité.

Altneuland

En 1902, Theodor Herzl, l’inspirateur du Sionisme, écrivit en allemand un roman utopique intitulé Altneuland (littéralement « terre ancienne et nouvelle »).

Le livre raconte l’histoire d’un jeune Juif viennois désabusé qui accompagne un aristocrate germano-américain misanthrope dans un exil volontaire sur une île perdue du Pacifique.

Sur le chemin, il passe par la Palestine ottomane, la terre de ses ancêtres, pauvre, déshéritée, misérable, et s’en part sans regret vers l’île lointaine.

Vingt ans plus tard, de retour de leur exil, les deux compagnons reviennent en Palestine et découvrent un paradis moderne, un pays merveilleusement développé par les Juifs, où les technologies les plus avancées ont été introduites, et où la société est parfaitement organisée selon des principes mutualistes.

Bien sûr, Juifs, Arabes, Arméniens, Grecs, Persans, tous vivent en harmonie et dans la plus parfaite amitié. Il y a bien un rabbin grincheux qui veut exclure les Arabes de la nouvelle société, mais des élections feront finalement triompher les beaux principes égalitaires.

C’est un livre très naïf, très mal écrit, et déjà peu clairvoyant au moment même où il avait été écrit.

En hébreu, son titre fut traduit par Tel Aviv, d’après un lieu en Mésopotamie cité dans la Bible par le prophète Ézéchiel.

« Tel » désigne une colline artificielle, un monticule fait de l’accumulation de couches d’habitations humaines au fil des siècles. Le mot a été repris sous la forme « tell » en français. Et « Aviv » signifie « printemps ».

Tel Aviv, c’est donc le tell, symbolisant l’ancien, et le printemps, symbolisant le renouveau, une traduction poétique pour Altneuland (« terre ancienne et nouvelle »).

En 1909, quand il fallut choisir un nom pour la nouvelle cité juive près de Jaffa, on choisit en guise d’augure le titre de l’utopie fraternelle d’Herzl, « Tel Aviv ».

Next Post

Previous Post

Leave a Reply

© 2020 Libre voyageur

Theme by Anders Norén