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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

La Pierre de l’Onction

Jérusalem, Israël.

À l’entrée de la Basilique du Saint-Sépulcre, la Pierre de l’Onction où le corps du Christ fut déposé, lavé et embaumé par Joseph d’Arimathie et Nicodème avant sa mise au tombeau.

Les six cierges qui surmontent la Pierre appartiennent deux à deux aux Catholiques, aux Orthodoxes et Arméniens apostoliques en un jaloux privilège.

Dans le même esprit de rivalité entre sectes dans le lieu le plus saint de la Chrétienté, les huit lampes à huile sont dévolues qui aux Catholiques, qui aux Orthodoxes, aux Coptes ou aux Arméniens.

Les pèlerins se succèdent, surtout des femmes, embrassant la Pierre, y frottant des foulards et des châles, y déposant divers objets qui s’imprègnent de sa magie, et qu’ils peuvent ensuite distribuer, voire monnayer, auprès de leur communauté d’origine.

Petit détail : cette pierre n’est pas la Pierre d’Onction mais une dalle de marbre rose déposée au-dessus de la véritable relique en 1810 afin de la protéger des déprédations commises par les pèlerins qui en arrachaient des bouts…

Il faut espérer que le pouvoir magique de la Pierre véritable passe au travers du marbre.

Les récits médiévaux arthuriens racontent que Joseph d’Arimathie recueillit aussi le sang du Christ mort dans un vase, le Saint Graal, qu’il emporta avec la Sainte Lance vers la Bretagne, armoricaine ou insulaire.

C’est le Graal et la Lance que Perceval voit passer devant lui dans le troublant Conte du Graal de Chrétien de Troyes.

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