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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Saint-Jean d’Acre

Saint-Jean d’Acre, Israël.

Acre (Akko en hébreu, Akka en arabe) est l’une des plus anciennes cités d’Israël, on la trouve déjà mentionnée il y a 3 500 ans.

Elle est conquise par les Assyriens en -700, par Alexandre le Grand en -332, par Ptolémée II, roi d’Égypte et descendant d’un des généraux d’Alexandre, en -250.

Colonie romaine sous Claude et Néron, puis byzantine jusqu’à la conquête arabe en 638.

Royaume de Jérusalem

En 1104, Baudouin de Boulogne, qui deviendra roi de Jérusalem, prend la ville lors de la 1ère croisade. Saladin s’en empare en 1187, pour la céder en 1191 aux armées de Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion lors de la Troisième croisade.

Devenue capitale du Royaume de Jérusalem après la chute de la ville sainte, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem s’y installent, y fondent un hôpital Saint-Jean d’Acre qui donnera un nouveau nom à Acre.

En 1291, les Mamelouks d’Égypte, anciens esclaves turcs ayant assassiné le dernier héritier de la dynastie de Saladin, capturent la ville, sonnant le glas du Royaume de Jérusalem.

Templiers et Hospitaliers se retirent à Chypre, puis à Malte pour ces derniers qui prendront le nom de chevaliers de l’Ordre de Malte.

20 ans plus tard, les Templiers finiront sur les bûchers dressés par le roi de France, Philippe le Bel.

Le général Bonaparte

Bien plus tard, le jeune général, à 29 ans, de la non moins jeune république française, Napoléon Bonaparte, assiège Saint-Jean d’Acre.

Il a déjà pris l’Égypte, Jaffa, Haïfa, Nazareth, Tyr, mais il ne parviendra pas à faire tomber la ville, défendue par son gouverneur ottoman, le bosniaque Djezzar Pacha (le Boucher), par une flotte britannique aux ordres d’un brillant amiral de 34 ans, William Sidney Smith, tout juste évadé de la Tour du Temple à Paris dans des circonstances rocambolesques (une fausse lettre de libération, un faux commissaire, de faux gendarmes), et par un officier d’artillerie français royaliste de 31 ans, ancien condisciple de Bonaparte à l’École militaire, Antoine de Phélippeaux.

L’échec devant Saint-Jean d’Acre décidera Bonaparte à revenir en France, abandonnant l’armée d’Égypte décimée par la guerre et la peste.

Un détail amusant : la Tour du Temple fut détruite quelques années plus tard par Napoléon devenu empereur des Français.

Elle avait servi de prison à la famille royale avant que la guillotine fasse son office et elle était devenue un lieu de pèlerinage royaliste.

C’était autrefois la Maison du Temple, le siège de l’ordre des Templiers, ceux-là même qui se firent rôtir en 1312 par Philippe le Bel.

Le nom d’Ordre du Temple venait du Temple de Jérusalem, celui du roi Hérode.

De cette Tour du Temple, il ne reste rien que quelques noms de rues, du Temple, Vieille-du-Temple, du Faubourg-du-Temple, et un emplacement, entre la Mairie du IIIe arrondissement et le square qui lui fait face.

Une dernière chose sur Saint-Jean d’Acre. C’est là que Baha’u’llah, le fondateur du Baha’isme, acheva sa vie, et où il repose à jamais.

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