Libre voyageur

Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Une montagne de cinq mètres soixante-dix, ça n’existe pas

Malé, Maldives.

Malé est l’île principale et la capitale des Maldives.

Sa superficie est légèrement inférieure à celle du 20e arrondissement de Paris, pour une population deux fois moindre, soit 100 000 habitants, un petit tiers de celle de l’ensemble des Maldives.

Tout ça pour dire que ce n’est pas bien grand… En une journée, j’ai traversé deux fois l’île de part en part, et j’ai parcouru tout son périmètre.

Où veux-je donc en venir avec ces considérations d’arpenteur ?

Les Alpes Maldiviennes

Eh bien, les Maldives sont établis sur des atolls, des récifs coralliens qui affleurent à peine de la mer, où rien ne pousse que des cocotiers.

L’altitude MAXIMALE de ces îles ne dépasse pas deux mètres, l’exception étant le fameux mont Villingili (à ne pas confondre avec l’île du même nom) avec ses 5,70 mètres d’altitude, guère de quoi enthousiasmer un alpiniste, même grabataire.

Les Maldives sont pour cette raison concernées au premier chef par la montée des eaux due au réchauffement climatique : 50 cm d’élévation et la moitié du territoire disparaît, 2 mètres et il ne restera que le mont Villingili…

Champions de l’écologie

Alors, l’on pourrait imaginer que les Maldiviens se feraient les champions de l’écologie, du développement durable.

Que nenni !

Ils ont tous des scooters, des petites motos japonaises pétaradantes, et des voitures !

La plus grande distance que l’on puisse jamais parcourir à Malé est 1,7 km, vingt minutes à pied, dix minutes à vélo, et personne ne va à pied, personne n’a de vélo, sauf les va-nus-pieds, les miséreux.

De plus, à cause des embouteillages permanent, de la mauvaise qualité des revêtements et des faibles distances, on ne dépasse pas les 20 km/h à Malé, en vitesse de pointe, la vitesse moyenne doit être autour de 10 km/h.

Et ce ne sont pas des véhicules électriques, mais de bonnes vieilles guimbardes avec des moteurs à explosion, comme au XIXe siècle !

Il n’y a pas de pétrole aux Maldives, pas de centrale électrique.

Alors on importe du pétrole, et chaque immeuble a son propre générateur électrique, comme chaque Maldivien a sa moto.

La densité de population à Malé est inférieure à celle de Paris et il y a le vent marin, mais c’est un pays équatorial, il y fait fréquemment 40° C à l’ombre, et les immeubles massés les uns contre les autres n’aident pas à dissiper la pollution que l’on ressent partout dans la ville.

Et il n’y a pas un seul panneau solaire dans tous le patelin ! Il y a du soleil toute l’année, mais pas un panneau à l’horizon.

Gourmandise, quand tu nous tiens

À cela il faut ajouter qu’ils sont très friands de fruits, de légumes, de produits laitiers, de (mauvais) chocolats en tous genres, qu’ils importent d’Europe en containers réfrigérés, et qu’ils achètent à prix d’or dans des magasins où l’on maintient une température inférieure à celle de votre Picard du coin, alors qu’il fait 50 degrés dehors. Les générateurs électriques tournent à plein.

Ne parlons pas de l’eau potable, de plus en plus rare, et de plus en plus gaspillée.

Si ceux qui sont concernés au premier chef ne font rien pour parer à une catastrophe annoncée, cela augure mal de la suite des événements pour notre survie sur la planète.

L’élite des andouilles

Mais il y a tout de même un motif d’espérer, car si les Maldiviens se conduisent d’une manière aussi inconsidérée, c’est que ce sont de sacrés imbéciles, des fieffés crétins, des idiots patentés, des abrutis de première classe, l’élite des andouilles.

On ne saurait se montrer aussi bêtes qu’eux, ils sont hors catégorie, c’est prouvé.

Voyez donc : c’est une dictature militaire, la corruption est partout, l’Islam est religion d’État, religion obligatoire qui fait que la profession de toute autre religion ou de l’irréligion est punie par la loi. Les touristes ne se voient pas emprisonnés pour autant mais ils doivent laisser leur attirail religieux, croix, symbole de Raël et autres Bibles au vestiaire (il y a un véritable vestiaire pour ça à l’aéroport), tout comme la « pornographie ».

À propos de pornographie, le statut de la femme y donne des émotions érotiques aux garçons perdus de Daesh, songez qu’une fille de 15 ans violée par son beau-père se voit condamnée au fouet pour « adultère ».

Pas une bibliothèque dans tout le pays, bien sûr, et les quelques librairies vendent des articles pour écoliers, des corans et des jouets.

Quant à la politique d’ouverture via le tourisme, elle est simple, les hôtels sont bâtis sur des îles inhabitées et il est interdit aux voyageurs de se rendre sur les îles habitées, hormis à Malé. Tant pis pour la découverte de l’autre, l’échange de culture…

En résumé : il leur manque une case au plafond, aux Maldiviens, ils méritent sans conteste la palme de l’imbécillité.

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