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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

L’aigle de Tempelhof

Berlin, Allemagne.

L’ancien aéroport de Tempelhof, fermé en 2008.

L’aéroport le plus moderne du monde

Construit par les Nazis entre 1936 et 1941 sur le terrain de l’ancienne aérogare, c’était à l’époque de sa construction l’aéroport le plus moderne, et le plus grand bâtiment au monde. Il n’est aujourd’hui surpassé que par le Pentagone et le Palais du Parlement à Bucarest.

L’ensemble de l’aéroport évoque la forme d’un aigle en vol avec des ailes déployées formant un arc de cercle de 1 230 m. L’édifice est décoré de multiples bas-reliefs représentant les totems du IIIe Reich.

Depuis 2015, quelques hangars de Tempelhof servent à l’hébergement des réfugiés.

Le blocus de Berlin

En 1948, devant la menace de la formation d’un État allemand séparé à l’ouest et l’introduction d’une monnaie, le Deutsch Mark, en infraction avec les accords de Postsdam qui établissaient une souveraineté conjointe des forces d’occupation (États-Unis, Royaume-Uni, France et URSS) sur le pays, les Soviétiques mettent en place un blocus total de Berlin. Plus rien ne passe, ni charbon, ni nourriture, ni médicaments, et l’électricité est coupée dans les trois secteurs de l’ouest.

C’est le début de la Guerre froide.

Le pont aérien

Les Occidentaux réagissent en organisant un gigantesque pont aérien, le plus grand de tous les temps : des avions vont se poser toutes les 3 minutes à Tempelhof, acheminant 8 000 tonnes de marchandise par jour, afin de chauffer et de nourrir la population berlinoise.

Pendant la durée du blocus, 278 228 vols seront effectués, principalement par les Américains depuis l’aéroport de Tempelhof, transportant 2,34 millions de tonnes de provisions.

Les Britanniques utiliseront des hydravions qui se poseront sur les rivières des environs.

Quant aux Français, leur aviation étant occupée par la guerre d’Indochine, ils ne participent au pont aérien que pour ravitailler leurs propres forces d’occupation, mais ils construisent en 49 jours un nouvel aéroport, celui de Tegel, que j’emprunte encore régulièrement pour venir à Berlin.

Le succès du pont aérien et le contre-blocus organisé sur le secteur est par les Occidentaux feront reculer les Soviétiques qui mettront fin au blocus au bout de 11 mois.

L’aigle

La tête d’aigle au premier plan provient d’une statue de 4,50 m de haut, originellement parée d’une magnifique croix gammée, et juchée sur le toit de l’aéroport.

Après guerre, la statue de l’aigle fut démantelée, et la tête prise comme trophée par les Américains. Elle fut donnée au musée de l’académie militaire de West Point, où les cadets pouvaient l’admirer jusqu’en 1985, date à laquelle elle fut rendue aux Berlinois et installée devant l’aéroport.

Sur le socle, un texte en anglais et en allemand raconte l’histoire de cette relique. La partie en anglais est presque complètement effacée. Peut-être cela trahit-il quelque chose du sentiment d’humilation des vaincus face à l’arrogance des vainqueurs, ou peut-être l’encre tient-elle moins bien sur les textes en anglais.

Ah ! Au fait, que veut dire Tempelhof ? « Cour du Temple ». Il y avait au moyen-âge une commanderie des Templiers aux environs du site.

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