Libre voyageur

Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Baron rouge

Berlin, Allemagne.

Près de l’aéroport de Tempelhof, la rue Manfred-von-Richthofen.

Manfred von Richthofen était l’as des as allemand et le plus célèbre pilote de chasse de la Première guerre mondiale.

Son titre nobiliaire, Freiherr von Richthofen (« Freiherr » signifie « homme libre », le titre équivaut à « baron », qui signifie d’ailleurs originellement « homme »), et son triplan Fokker, qu’il avait fait peindre en rouge vif, lui valut le surnom de « Baron rouge ».

Richthofen avait pour coutume d’atterrir sitôt son adversaire abattu pour aller découper au couteau un morceau d’empennage portant l’immatriculation de l’avion. Il envoyait ce trophée à sa mère, puis faisait graver par un orfèvre berlinois un petit gobelet d’argent portant la date du combat et le type de l’appareil abattu.

Le 21 avril 1918, un combat aérien qu’il avait engagé pour protéger son cousin, pilote inexpérimenté, le porta à basse altitude au-dessus des lignes alliés, dans un secteur de la Somme particulièrement défendu. Pris entre les tirs croisés d’un pilote canadien, des batteries anti-aériennes et de l’infanterie, il fut touché mortellement, mais eu le temps de poser son triplan avant d’expirer.

Beaucoup se disputent l’honneur d’avoir tiré la balle fatale. Il pourrait s’agir d’un tir de fusil d’un simple soldat australien, « Snowie » Evans.

Hugo Pratt dans l’album Les Celtiques des aventures de Corto Maltese (que je recommande) donne sa version de cet épisode.

Le statut d’as était conféré au pilote qui obtenait 5 victoires homologuées. Avec 80 victoires homologuées sur 83 revendiquées, le Baron rouge détient le record de la Première guerre mondiale, ce qui en fait l’as des as.

Mais le système français d’homologation était bien plus strict que celui des Allemands, ce qui fait que les as français avaient proportionnellement beaucoup moins de victoires officielles.

Pour qu’un avion abattu soit compté chez les Français, il fallait qu’il tombe côté allié de la ligne de front, et que deux témoins au sol confirment les dires du pilote.

Ainsi, avec un René Fonck, avec « seulement » 75 victoires homologuées, mais 127 victoires revendiquées, un Georges Madon, 105 victoires ou un Georges Guynemer, avec 88 victoires, l’aviation française compte 3 pilotes avec un tableau de chasse plus fourni que Manfred von Richthofen et ses 83 victoires revendiquées.

Quelques mois après la mort du Baron rouge, le commandement de son escadrille fut confié à un autre as de l’aviation allemande, un certain Hermann Göring, le futur chef de la Luftwaffe et ministre du IIIe Reich.

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