Libre voyageur

Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Telos, tango et passion des corps

Buenos Aires, Argentine.

Un peu partout à Buenos Aires, on peut apercevoir des plaques indiquant un « albergue transitorio », hébergement transitoire.

Ces établissements réglementés de discrète apparence sont aussi appelés « telos », argot pour « motels ».

Une fois franchie la porte ou l’entrée du garage, l’on se retrouve devant une vitre de verre fumé flanquée d’un écran où le tarif, très modique, des chambres est indiqué, valable pour deux heures. Le préposé vous remet une carte qui servira de clé et pour le décompte du temps passé.

Un petit ascenseur mène à une enfilade de portes. La 27 est une « suite », la seule disponible à l’heure du déjeuner, l’endroit ne désemplit pas.

Une voix masculine vous accueille dans la chambre, vous en expliquant cordialement le fonctionnement.

Un panneau tactile près du large lit permet de changer les couleurs ou l’intensité de l’éclairage, de contrôler la musique, la télévision, où des Américaines aux seins refaits et sous-titrées en espagnol se font besogner en cadence par de vigoureux gaillards.

On peut aussi commander du coca-cola, du champagne, des hamburgers, des jouets ou du lubrifiant, une boîte aménagée dans la porte permettant d’effectuer les livraisons sans déranger les occupants.

Des miroirs sur toutes les parois et au-dessus du lit reflètent les corps, une large baignoire pour deux munie d’un mystérieux système avec « hydromasaje » permet de se délasser avant, pendant ou après l’effort.

Les telos abritent les amours des couples infidèles, des jeunes gens en quête d’intimité, des amants de l’instant, des homosexuels mal assumés (le lieu leur est ouvert depuis 1997), ou des réguliers à la recherche d’un peu de frisson.

Une découverte : le tango accompagne à merveille la passion des corps.

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