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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Stone Island

Ston-Eiland, Suriname.

Le lac de Brokopondo, créé par la construction du barrage d’Afobaka pour la compagnie d’extraction minière et de production d’aluminium américano-australienne Suralco, il a atteint ce niveau d’eau en 1971.

Le réservoir « Professor Doctor Ingenieur W. J. van Blommestein Meer », de son nom officiel, est l’un des plus grands lacs artificiels au monde, il s’étend sur 1 % du territoire du Suriname, inondant 160 000 hectares de forêt vierge et d’habitations, et forçant le déplacement de 1 % de la population du pays, pour une production électrique de 180 mégawatts.

À titre de comparaison, le barrage des Trois-Gorges en Chine, objet de tant de polémiques parfaitement légitimes, a provoqué l’inondation de seulement 60 000 hectares de terres arables, une portion négligeable du pays, déplacé tout de même 1,8 million de personnes, un nombre record en la matière, mais bien plus faible au regard de la population totale chinoise.

Et il génère 18 000 mégawatts, soit 100 fois plus que le barrage surinamais avec pourtant une surface inondée trois moins étendue.

Il aurait été bon de s’interroger sur une opération aux effets écologiques et sociaux majeurs réalisée au bénéfice d’une entreprise américaine, Suralco, dans un pays de la sphère d’influence des États-Unis.

D’autant que les déplacements de population dus à l’inondation de leurs terres a été l’un des motifs de la guerre civile qui a déchiré le pays et menée à l’émigration de nombreux peuples marrons vers la Guyane française.

Depuis Ston-Eiland (« Stone Island » en anglais), l’on peut voir la cime des arbres immergés pointer hors de l’eau.

Le bois en est récolté et vendu en Europe à grand prix, il est imputrescible comme du bois marin.

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