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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Katyn

Cracovie, Pologne.

Observez sur la croix noire devant la petite église Saint-Gilles : un nom, « Katyn », et deux dates, « 1940 » et « 1990 ».

Le pacte germano-soviétique

Le 23 août 1939, Hitler et Staline signent le Pacte germano-soviétique, assurant la non-agression mutuelle de l’Allemagne nazie et de l’Union soviétique.

Cette décision sème le trouble en Europe, les deux idéologies, fasciste et communiste, étant considérées comme opposées.

Les raisons de cette entente contre-nature sont diverses, mais les nations occidentales portent certainement quelque responsabilité, ayant repoussé avec dédain les offres d’alliance de Staline face à l’expansionnisme allemand.

L’une des clauses secrètes du traité porte sur le dépeçage et le partage de la Pologne entre les signataires.

Le partage de la Pologne

Les armées allemandes envahissent la Pologne une semaine après le Pacte, imitées 16 jours plus tard par les troupes soviétiques.

Les deux puissances s’attribuent alors leurs parts respectives du territoire polonais.

Deux ans plus tard, le Führer rompt le Pacte et déclenche l’opération Barbarossa, le plan d’invasion de l’Union soviétique.

Macabre découverte

Avançant en Russie, les troupes allemandes découvrent un charnier dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. 4 400 officiers polonais y ont été exécutés. La propagande nazie attribue ce massacre aux Soviétiques, ce que les autorités russes nieront pendant 50 ans.

Aujourd’hui, il est avéré que ce meurtre de masse était effectivement l’œuvre du NKVD, l’ancêtre du KGB. Staline ayant décidé de se débarrasser préventivement des élites polonaises potentiellement hostiles au régime communiste, et susceptibles d’organiser une résistance.

Katyn n’est pas le seul cas, d’autres massacres ayant été commis après l’entrée de l’Armée rouge en Pologne, principalement en 1940, pour un total de 22 000 prisonniers exécutés par les Russes.

Les massacres nazis

Les Nazis firent de même dans leur partie de la Pologne. Sur information des membres de la minorité allemande du pays, ils organisèrent dès les premiers jours de l’invasion, en septembre 1939, le meurtre de 20 000 intellectuels et officiers polonais figurant sur une liste détaillée dans le cadre de l’opération Tannenberg, appelée aussi Intelligentzaktion.

Pour parachever leur travail, les Allemands organisèrent en 1940 une seconde campagne d’extermination, nommée « Opération extraordinaire de pacification » selon la terminologie friande d’euphémismes propre au régime nazi.

Katyn, un symbole

Aujourd’hui, étrangement, les Polonais ne se souviennent que de Katyn, l’hostilité au régime communiste et leur méfiance envers le voisin russe l’emportant sur toutes autres considérations.

Dans chaque ville polonaise, on peut voir des monuments, comme celui-ci, évoquant ce sombre épisode de l’histoire nationale.

Sur la croix, 1940, c’est la date du massacre de Katyn, 1990, l’année où Mikhail Gorbatchev présenta des excuses officielles à la Pologne, reconnaissant définitivement la responsabilité des autorités soviétiques.

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