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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Loubavitch, les hérétiques du judaïsme

Cracovie, Pologne.

La synagogue Isaac Jacubowicz, la plus grande de Kazimierz, le quartier juif de la ville.

Ce temple du XVIIe est actuellement le siège de Chabad à Cracovie.

Le mouvement Chabad, appelé également « de Loubavitch » d’après le nom d’un petit village russe, un shtetl, où cette communauté trouva refuge au XIXe siècle, est une secte juive hérétique.

Ses membres croient que leur chef, le rebbe Menachem Mendel Schneerson, qui se présentait lui-même depuis son antre de Brooklyn comme une incarnation de Dieu, est le Messie.

Le Judaïsme a connu de nombreux faux messies, certains n’ont eu qu’un maigre succès, comme Jésus le Nazaréen, d’autres, tels Sabbataï Tzvi, ont ébranlé la foi de nombreux fidèles.

Le fait que le rebbe Shneerson soit mort en 1994 a grandement troublé ses disciples, mais certains soutiennent qu’il va bientôt ressusciter (il y a eu, paraît-il, un précédent).

D’autres avancent que le rebbe n’est pas mort, mais plutôt « caché » et qu’il devrait réapparaître, les Saints Hommes tels que lui n’étant que très peu sensibles au concept de mortalité, dit-on.

Cette conception semble empruntée à l’Islam chiite qui a connu une succession d’imams cachés, en général assassinés ou décédés dans d’ignominieuses circonstances. Leur mort ne serait qu’un leurre pour tromper leurs ennemis. Ils sont toujours révérés par les Croyants et sont supposés devoir réapparaître en temps voulu.

Ben voyons !

Le seul leurre qu’il y a, c’est celui que les hommes s’ingénient à employer sur eux-mêmes pour se masquer de troublantes réalités…

Les Parisiens qui vont le week-end faire leurs courses dans le Marais, ou les amateurs de gâteau au fromage de chez Finkelsztajn, connaissent bien les sectateurs de Loubavitch.

On les voit, habillés tout de noir comme des oiseaux de malheur, aborder les messieurs de passage dans la rue des Rosiers avec un « vous êtes juif ? » dépourvu de cordialité, et bouffi de misogynie mâtinée de racisme.

Comme des chasseurs de pokémons, ils cherchent à obtenir de leurs proies qu’elles consentent à mettre les téfîlines (les Grecs disaient des « phylactères »), des bandes de cuir munies d’une boîte contenant des versets de la Torah.

Ce rituel fétichiste qui ne déparerait pas dans un club gay SM de San Francisco, est une action pie, susceptible de ramener une brebis égarée, en l’espèce le Juif sécularisé qui s’est fait ainsi appréhender, dans le sein de la communauté. Et puis, ça doit rapporter des points dans un jeu sur mobile. Sinon, à quoi bon ?

Regardez le fronton de la synagogue, tout en haut : ne dirait-on pas qu’une bouche et deux yeux expriment tout le désarroi de se voir aux mains de tels fanatiques ?

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