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Flâneries indiscrètes dans un vaste monde

Citadelle de Spandau

Berlin, Allemagne.

Citadelle de Spandau.

L’émissaire secret

Le 10 mai 1941, Rudolf Hess, l’un des proches d’Hitler, on l’appelait « la conscience du Reich », décolle seul d’Allemagne, aux commandes d’un bimoteur Messerschmitt Bf 110, en direction du nord de la Grande-Bretagne

En atteignant l’Écosse, il subit des tirs de DCA qui l’obligent à sauter en parachute.

Il est bientôt arrêté et emprisonné.

Il déclare alors vouloir négocier une paix séparée avec le Royaume-Uni. En échange, Hitler garantira aux Britanniques la conservation de leur empire. Débarrassée du front occidental, l’Allemagne pourrait dès lors se concentrer sur la lutte à venir contre l’URSS. En juin, un mois plus tard, les troupes du Reich envahiront l’Union soviétique, c’est l’opération Barbarossa.

Pourtant, aucun responsable britannique ne daigne rencontrer Hess. On le dit troublé psychologiquement, et Hitler parle d’une trahison.

Condamnation

À la fin de la guerre, Il est transféré au Tribunal de Nuremberg, où, après un long procès, il est condamné pour complot et crimes contre la paix à la prison à perpétuité.

On l’enferme dans la prison de Spandau avec six autres grands dignitaires du régime. Ils sont les seuls occupants de la prison, Hess logeant dans la cellule numéro 7.

Le prisonnier numéro 7

Après la libération successive de ses camarades, il se retrouve en 1966 l’unique pensionnaire de la prison.

Près de 80 personnes sont chargées de le garder, dont alternativement 30 soldats des quatre forces d’occupation, britannique, soviétique, américaine et française, qui chaque mois se relaient. Les Français sont de simples appelés du contingent.

Dans les années 70 et 80, plusieurs tentatives par des groupes néo-nazis de le faire évader échouent.

On ne le laisse écrire que des lettres à sa famille. Ses carnets de notes sont systématiquement brûlés pour qu’il ne puisse pas rédiger des mémoires susceptible de rallier les nostalgiques du IIIe Reich à sa cause.

En 1987, les gardiens retrouvent Rudolf Hess pendu avec un fil électrique dans la cabane de jardin qui lui servait de salle de lecture. Il avait 93 ans, et avait passé 21 ans seul dans la prison de Spandau.

Suicide ou assassinat par le SAS britannique ? Les complotistes de tout poil entretiennent le mystère.

CONFUSION

Alors que je me rendais sur le site des olympiades de 1936, je vis sur le plan que la Citadelle de Spandau était à peu près sur ma route. Je décidai spontanément d’y faire une visite.

Mais tandis que je déambulais dans les bâtiments de la garnison, que je gravissais l’escalier vertigineux du donjon, je songeais : « Où donc étaient emprisonnés les sept nazis ? Où donc étaient logés les gardiens et les soldats ? ».

Quelque chose clochait.

Et puis, il n’y avait aucune information nulle part sur Rudolf Hess, Albert Speer, les cellules. Rien.

Ça ne collait pas.

Je pris alors quelques renseignements.

J’étais dans la CITADELLE de Spandau, et Hess avait été emprisonné dans la PRISON de Spandau. À trois kilomètres de distance.

Les citadelles font pourtant souvent office de prison. Comme la Bastille ou le château de Vincennes. Ce n’était cependant pas le cas à Spandau.

Après le suicide de Rudolf Hess, les Soviétiques insistèrent pour que la prison soit rasée. On dispersa même les débris en mer, afin que les nostalgiques du Troisième Reich ne trouvent ni lieu ni objet auquel rendre un culte.

De la prison de Spandau, il ne reste donc rien.

 

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